À la fin du mois d’octobre, les horloges reculent d’une heure. Nous gagnons officiellement une heure de sommeil, mais la nuit tombe aussi plus tôt et notre organisme ne change pas immédiatement de rythme. Certaines personnes se réveillent avant l’heure habituelle, ont sommeil plus tôt ou ressentent davantage le manque de lumière en fin de journée.

Le passage à l’heure d’hiver perturbe-t-il réellement l’horloge biologique, et cette modification ponctuelle a-t-elle un effet sur la santé à long terme ?

Une heure sur la montre ne déplace pas immédiatement l’horloge biologique

L’horloge biologique organise notre fonctionnement sur un cycle proche de 24 heures. Elle aide le corps à anticiper le réveil, le sommeil, les repas et les variations de vigilance. La lumière reçue par les yeux constitue son principal repère pour rester alignée avec le jour et la nuit.1

Le changement d’heure modifie les horaires sociaux, pas la course du soleil. Après le passage à l’heure d’hiver, lorsqu’il est 7 heures sur la montre, l’organisme était encore habitué quelques jours plus tôt à vivre comme s’il était 8 heures. Cela explique pourquoi certaines personnes se réveillent ou ressentent la faim plus tôt.

Le changement le plus visible concerne cependant la lumière. Le jour arrive plus tôt le matin, ce qui aide l’horloge à se recaler, mais il disparaît aussi plus tôt en fin d’après-midi. Ce nouveau contraste peut modifier temporairement le sommeil et la vigilance sans produire un véritable décalage horaire.

Pour comprendre plus largement le rôle de ces rythmes, notre article sur l’horloge biologique explique pourquoi le moment où nous dormons, mangeons et bougeons compte.

Le passage à l’heure d’hiver est-il le plus perturbant ?

Non. Le changement d’automne est généralement le mieux toléré des deux. Il rend une heure à la nuit et rapproche temporairement l’heure légale du rythme solaire. La lumière matinale arrive plus tôt, ce qui fournit à l’horloge biologique un repère particulièrement utile.

La contrepartie est une obscurité plus précoce en fin de journée. Elle peut favoriser une envie de dormir plus tôt et réduire le temps passé dehors, sans que cela signifie que l’organisme est profondément déréglé.

Le passage à l’heure d’été est plus exigeant. Au printemps, nous perdons une heure au moment même où il faudrait avancer notre sommeil. Une synthèse de 27 études retrouve alors une diminution du temps de sommeil, des nuits de moins bonne qualité et davantage de somnolence, avec des effets plus marqués chez les personnes qui s’endorment naturellement tard.2

Le changement d’heure a-t-il réellement des effets sur la santé ?

À l’échelle individuelle, une nuit moyenne ou quelques matins difficiles ont rarement de grandes conséquences. À l’échelle de millions de personnes, une petite perturbation simultanée peut néanmoins devenir visible dans les statistiques.

Le cœur est l’un des rares domaines dans lesquels un effet mesurable apparaît après le passage à l’heure d’été. Les infarctus augmentent d’environ 4 % dans la période qui suit le changement de printemps, tandis qu’aucune hausse nette n’est retrouvée après celui d’automne.3 Le changement d’heure ne provoque pas à lui seul un infarctus. Il peut plutôt ajouter un stress bref chez des personnes déjà vulnérables, par l’intermédiaire du sommeil écourté et du décalage des rythmes.

Le bilan général reste néanmoins plus limité que ne le suggèrent certains discours alarmistes. Une hausse des accidents de la route mortels apparaît également après le passage au printemps. En revanche, aucun effet cohérent ne se dégage concernant la santé mentale, et les autres conséquences restent moins clairement établies.4

Le passage à l’heure d’été crée donc une courte période de vigilance, pas une crise sanitaire individuelle.

Quel rapport avec la longévité ?

Le changement d’heure n’est probablement pas un sujet majeur de longévité en lui-même. Il agit plutôt comme un test grandeur nature de notre capacité à absorber un décalage d’horaires.

Une heure deux fois par an pèse peu face à un sommeil insuffisant, des horaires qui changent constamment ou une exposition trop faible à la lumière du matin. Travail de nuit, couchers irréguliers et lumière intense tard le soir peuvent maintenir l’organisme à contretemps bien plus longtemps qu’un changement d’heure saisonnier.

Le week-end du changement d’heure compte donc moins que le rythme entretenu le reste de l’année. La régularité n’exige pas de vivre à la minute près. Elle consiste surtout à conserver des repères suffisamment stables pour que le sommeil, la vigilance et les périodes d’activité restent bien différenciés.

Comment aider son organisme à se recaler ?

Le passage à l’heure d’hiver demande rarement un protocole particulier. L’objectif est surtout d’éviter que les journées plus sombres ne réduisent progressivement l’exposition à la lumière et l’activité physique.

Ces mesures reprennent les signaux les plus efficaces pour recaler l’horloge. Pour aller plus loin, notre guide sur comment mieux dormir les replace dans une routine complète.

L’approche Inari

Le passage à l’heure d’hiver ne demande pas une stratégie particulière de longévité. Le principal enjeu consiste à profiter de la lumière matinale sans laisser les soirées plus sombres réduire progressivement le temps passé dehors et l’activité physique.

Chez INARI, nous accordons davantage d’importance à la régularité entretenue toute l’année qu’à l’optimisation de deux week-ends isolés. Une heure de lever stable, de la lumière naturelle et une journée suffisamment active constituent des repères plus utiles qu’une compensation ponctuelle.

Footnotes

  1. Inserm. Chronobiologie : les 24 heures chrono de l’organisme. Dossier mis à jour le 23 janvier 2026. ↩

  2. Romigi A, Franco V, Scoditti E, et al. The effects of daylight saving time and clock time transitions on sleep and sleepiness: a systematic review. Sleep Medicine Reviews. 2025;84:102161. DOI : 10.1016/j.smrv.2025.102161. ↩

  3. Hurst A, Morfeld P, Lewis P, Erren TC. Daylight Saving Time Transitions and Risk of Heart Attack: A Systematic Review and Meta-Analysis. Deutsches Ärzteblatt International. 2024;121(15):490-496. DOI : 10.3238/arztebl.m2024.0078. ↩

  4. Steponenaite A, Wallraff JP, Wild U, et al. A systematic review of epidemiological studies into daylight-saving time and health identifying beneficial and adverse effects. European Journal of Epidemiology. 2026;41(4):419-433. DOI : 10.1007/s10654-026-01372-8. ↩