La glycémie correspond à la quantité de glucose présente dans le sang. C’est souvent le premier chiffre regardé pour évaluer la manière dont l’organisme gère le sucre. Lorsqu’elle se situe dans les valeurs normales, on peut avoir l’impression que tout fonctionne correctement.

Ce chiffre ne raconte pourtant pas tout. L’organisme peut parfois maintenir une glycémie normale en produisant beaucoup plus d’insuline qu’auparavant. Que se passe-t-il alors, et pourquoi cette évolution peut-elle rester invisible pendant plusieurs années ?

Que veut dire concrètement « résistance à l’insuline » ?

Après un repas, une partie des glucides est transformée en glucose et passe dans le sang. L’insuline, produite par le pancréas, aide alors notamment les muscles à utiliser ce glucose et limite la quantité que le foie remet en circulation.

Normalement, une certaine quantité d’insuline suffit. Avec une résistance à l’insuline, les tissus répondent moins bien : il faut donc davantage d’insuline pour obtenir le même résultat.1

Au début, le pancréas compense en produisant plus d’insuline. La glycémie peut donc rester normale, mais seulement parce que l’organisme a besoin de davantage d’insuline qu’avant pour la maintenir ainsi. Cette compensation peut fonctionner pendant plusieurs années. Lorsqu’elle ne suffit plus, le glucose commence à s’accumuler dans le sang : la glycémie atteint alors le niveau d’un prédiabète, puis parfois d’un diabète de type 2.

Le glucose est indispensable à l’organisme, mais il n’est pas censé rester trop élevé dans le sang pendant de longues périodes. Lorsque cette situation devient chronique, elle peut progressivement endommager les vaisseaux sanguins et les nerfs. C’est ce qui explique une grande partie des complications du diabète : atteintes des yeux et des reins, perte de sensibilité dans les pieds, mais aussi augmentation du risque d’infarctus et d’AVC.2

Comment la résistance à l’insuline s’installe-t-elle ?

Elle apparaît généralement lorsque plusieurs facteurs s’additionnent. L’inactivité physique et l’excès de graisse viscérale jouent un rôle important : des muscles peu sollicités deviennent moins efficaces pour utiliser le glucose, tandis qu’un excès de graisse autour des organes favorise la libération d’acides gras et de molécules inflammatoires qui perturbent progressivement l’action de l’insuline.3

Avec l’âge, la diminution de la masse musculaire peut accentuer ce phénomène. Le manque de sommeil ainsi que certains facteurs génétiques ou hormonaux peuvent également y contribuer.4

Comment repérer une résistance à l’insuline ?

La résistance à l’insuline ne provoque pas de symptôme caractéristique. La glycémie à jeun et l’HbA1c permettent de repérer un prédiabète ou un diabète, mais pas de mesurer directement la sensibilité à l’insuline.

Le médecin évalue donc un ensemble de facteurs : tour de taille, tension artérielle, antécédents familiaux, glycémie et taux de certaines graisses dans le sang. Lorsque plusieurs de ces éléments sont réunis, il peut décider si une surveillance ou des examens complémentaires sont utiles.

Quels leviers améliorent réellement la sensibilité à l’insuline ?

L’activité physique est l’un des leviers les mieux établis : elle augmente l’utilisation du glucose par les muscles et améliore leur sensibilité à l’insuline.5 Marcher après un repas, interrompre les longues périodes assises et entretenir sa masse musculaire vont dans le même sens. Notre article sur la marche après les repas explique comment appliquer ce réflexe.

En cas d’excès de graisse abdominale, sa réduction est également importante. Notre article sur la graisse viscérale détaille pourquoi cette localisation compte particulièrement. L’alimentation complète cette approche : une alimentation riche en végétaux, en fibres et en aliments peu transformés, comme le régime méditerranéen, permet d’améliorer le terrain métabolique sans avoir besoin de supprimer tous les glucides.

L’approche Inari

Chez INARI, nous ne réduisons pas la santé métabolique à la quantité de sucre consommée ni à la courbe obtenue après un seul repas. Un repas isolé en dit moins que les habitudes répétées au fil des semaines.

La priorité est donc de préserver la capacité de l’organisme à utiliser le glucose : bouger chaque jour, entretenir ses muscles et construire une alimentation équilibrée dans la durée.

Footnotes

  1. National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases. Insulin Resistance & Prediabetes. Consulté en septembre 2026. ↩

  2. National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases. What Is Diabetes? Consulté en octobre 2026. ↩

  3. Choo YN, Ravi RN, Subramaniyan V. Insulin resistance induced by obesity: Mechanisms, metabolic implications and therapeutic approaches. Molecular Biology Reports. 2026;53:357. DOI : 10.1007/s11033-026-11509-3. ↩

  4. Boccardi V, Sinclair AJ. Rethinking insulin resistance in aging: A reserve-oriented clinical framework. Ageing Research Reviews. 2026;119:103180. DOI : 10.1016/j.arr.2026.103180. ↩

  5. Rebello CJ, Zhang D, Kirwan JP, et al. Effect of exercise training on insulin-stimulated glucose disposal: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. International Journal of Obesity. 2023;47:348-357. DOI : 10.1038/s41366-023-01283-8. ↩